28
April
2011
|
08:00
America/Tegucigalpa

Theatre of the bilingual

(Edmonton) Western Canada could be considered home to some avant-garde French-Canadian theatre, says University of Alberta’s Louise Ladouceur. But what makes it different from, say, Quebec theatre, makes it routine in the lives of francophones on the Prairies.

The Campus Saint-Jean theatre professor’s article in the International Journal of Francophone Studies explores a transformation in French-Canadian plays west of Quebec and their growing use of both English and French dialogue. Drawing examples of plays written by francophones from Ontario and Manitoba, Ladouceur says that while the notion of bilingualism may once have been considered a threat to French speakers, the artistic shift of using both official languages is symbolic of bilingualism’s indispensible nature in a minority context. Not only is the concept of a bilingual play a different way to look at theatre, she notes, but it is a different way for francophones to view themselves as well.

“In Manitoba playwright Marc Prescott’s play, Sex, Lies et les Franco-Manitobains, one of his characters says, ‘I am not francophone; I am not anglophone. I am bilingual. That’s what I am,’” said Ladouceur. “In a minority context, being bilingual is not a flaw; it is an essential condition to remain francophone. This attitude towards bilingualism is a very important shift.”

The shift also brings out the reality of environment, she says. Using Les Belles Soeurs, a famous play by Quebec playwright Michel Tremblay, as an example, Ladouceur notes that the use of Quebecois slang in the play was heavily criticized at the time. The playwright defended his use of the language, saying that by having these characters speak any other way would be a false representation of that cultural and environmental reality. Just as Tremblay used “joual,” or slang, in Les Belles Soeurs to depict the linguistic reality of Montrealers, so, too, do French-Canadian playwrights in Western Canada need to use English to depict their reality, says Ladouceur.

This new attitude of linguistic duality provides an intercultural experience for theatregoers. Regardless of whether a person is bilingually or unilingually French or English, Ladouceur says, each will take away their own understanding of the play from their distinct linguistic perspective.

However, she notes that perhaps the most important lesson to learn from this form of theatre is found in learning to understand each other. And to make their plays even more accessible to anglophones, she says, professional francophone theatre groups have added subtitles, another shift that shows signs of inclusive evolution in French-Canadian theatre.

“It’s a question of sharing, of making what we do in French accessible,” she said. “I think it is a sign of maturity in the francophone theatres. We are now confident enough in what we do we want it to be seen and understood by everybody, including our anglophone peers.”

Mon théâtre bilingue: le théâtre canadien-français à l’ère de la mondialisation

Pour Louise Ladouceur, des pièces comme Cow-boy poétré, Je m’en vais à Régina et Sex, Lies et les Franco-Manitobains représentent une évolution qui démontre la réalité des francophones hors Québec, mais aussi un désir de partager cette vision de leur réalité avec leurs voisins anglophones.

Ladouceur a récemment publié un article dans la Revue internationale d'études francophones qui étudie l’évolution linguistique des pièces canadiennes-françaises dans l’Ouest canadien, notamment l’usage de l’anglais par des personnages dans les pièces. Être francophone dans un contexte minoritaire veut dire être bilingue, affirme-t-elle, car il est impossible de vivre seulement en français. Donc, une pièce qui fait appel à la langue vernaculaire des francophones de l’Ouest inclut de l’anglais.

«C’est une façon différente de concevoir le théâtre et de se concevoir comme francophones aussi,» dit Ladouceur. «Les gens de la génération précédente ont eu, je crois, une autre approche, une autre façon de concevoir l’identité francophone: il fallait vraiment garder l’anglais le plus loin possible. Mais, je ne pense pas que ça soit représentatif de l’attitude de la génération des jeunes en ce moment.»

Elle dit que le théâtre est un outil social: le spectacle est présenté à la communauté et elle est invitée à y répondre et réagir. Ladouceur croit qu’une mission importante du théâtre francophone hors Québec est «de faire un théâtre auquel les gens vont s’identifier.» Faire autrement, c’est créer une fausse image de la réalité. Et pour les francophones dans l’Ouest canadien, l’anglais est une réalité quotidienne�un élément incontournable dans leur vie.

«Lorsqu’on monte une pièce de théâtre et qu’on veut montrer une certaine réalité, il faut quand même utiliser les mots de cette réalité-là,» dit Ladouceur. «C’est la même chose ailleurs; les personnages ne peuvent être vrais que s’ils s’expriment d’une certaine façon.»

Ladouceur note que les théâtres francophones professionnels au Canada offrent des surtitres en anglais afin de rendre les pièces plus accessibles aux communautés canadiennes. Ce phénomène indique une maturité chez les artistes francophones en situation minoritaire. Ils veulent s’ouvrir à la communauté et aux artistes anglophones, ne plus créer en vase clos. Elle mentionne que dans une ère de mondialisation comme la nôtre, de telles modifications au théâtre canadien-français le mettent à l’avant-garde du théâtre actuel.

«Je dirais que ce bilinguisme qui s’exprime et s’affirme de plus en plus dans le théâtre francophone de l’Ouest est représentatif aussi d’un théâtre qui se développe de plus en plus dans le contexte de la mondialisation,» dit Ladouceur. «Je pense qu’on est appelé à être témoin de multilinguisme, d’interculturalisme—une interaction entre langues et cultures—beaucoup plus qu’avant.

«Ce n’est pas seulement le théâtre bilingue de l’Ouest. Éventuellement, le théâtre sur les scènes du monde fera appel à plusieurs langues.»